Le Journal de Montréal

Mark Carney se cherche un nouveau tuteur de français

RAPHAËL PIRRO Bureau parlementaire

OTTAWA | Avis aux intéressés : le premier ministre du Canada Mark Carney se cherche un tuteur de français près de trois mois après le départ de sa professeure et l’arrêt de ses leçons privées. Son bureau assure qu’il reprendra les cours avec quelqu’un d’autre avant la fin de l’année.

Le Journal a obtenu une copie d’une lettre envoyée au comité des langues officielles le 13 novembre par le chef de cabinet de M. Carney, Marc-André Blanchard.

Ce dernier explique que la tutrice « a quitté la région de la capitale nationale pour des raisons personnelles », mais qu’un « nouveau professeur de français sera choisi sous peu et les séances de formation devraient reprendre avant la fin de cette année ».

« C’est une autre indication que ce premier ministre-là n’a pas la volonté et l’intention de respecter la langue française. Quand on justifie ça en disant qu’on n’a pas de prof de français… c’est aberrant », commente le conservateur Joël Godin, membre du comité.

UNE DIZAINE DE LEÇONS

Le document indique que Mark Carney a suivi une dizaine de leçons d’environ une heure avec sa professeure cet été, entre le 30 juin et le 2 septembre, date de la dernière séance.

Malgré l’arrêt des cours, le premier ministre ne ménage pas ses efforts pour apprendre la langue de Molière, souligne M. Blanchard.

Il affirme que le premier ministre « s’est entouré d’une équipe de personnes bilingues », qu’il insiste pour parler français à François Legault et même que « les documents utilisés pour ces rencontres et dans la préparation de celles-ci sont tous en français ».

LE FOND ET LA FORME

Le comité des langues officielles a lancé une étude sur le français de M. Carney après que « Radio-Canada » eut rapporté, à la mi-octobre, qu’il s’était servi du français moins de 20 % lors des discours prononcés depuis son élection.

Invitée à y témoigner hier, la politologue Geneviève Tellier a répété l’exercice avec le discours prébudgétaire de Mark Carney prononcé le 23 octobre.

Le français a surtout servi à parler de programmes sociaux, a analysé la professeure Tellier, tandis que l’anglais a permis d’aborder des thèmes plus prenants comme l’économie, la guerre commerciale ou les relations internationales.

« De façon générale, les messages en anglais étaient beaucoup plus factuels que les messages en français », a-t-elle dit.

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2025-11-21T08:00:00.0000000Z

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